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| Sujet: Ils nous ont quitté ! Dim 20 Juil 2008 - 0:59 | |
| LE MONDE | 04.07.08 | 15h27 • Mis à jour le 04.07.08 | 15h27
Le professeur Pierre Lasjaunias, responsable du pôle neurosciences tête et cou de l'hôpital de Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), est mort le mardi 1er juillet des suites d'un infarctus du myocarde foudroyant à Zurich, où il participait à un congrès européen de neuroradiologie. Il était âgé de 59 ans. Avec cette disparition prématurée, la médecine française perd un responsable hospitalo-universitaire de réputation mondiale qui avait largement contribué au développement des interventions non chirurgicales sur le cerveau humain. Un hommage lui sera rendu samedi 5 juillet à 14 heures au Grand Réservoir de l'hôpital de Bicêtre.

Le chef du service de neuroradiologie de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, Pierre Lasjaunias, à Paris, le 19 juin 2006.
DATES CLES
15 juillet 1948 Naissance à Paris.
1968 Début des études de médecine.
1989 Professeur d'anatomie.
1998 Chef de service à l'hôpital de Bicêtre.
2007 Elu président de la Fédération mondiale de neuroradiologie interventionnelle.
1er juillet 2008 Mort à Zurich.
Pierre Lasjaunias naît le 15 juillet 1948 à Paris. Après des études secondaires, il fait sa médecine à Paris de 1968 à 1975. Spécialiste de radiologie en 1983, il est nommé professeur d'anatomie en 1989. Parallèlement, il se spécialise en neuroradiologie vasculaire auprès du docteur Jacqueline Vignaud, à la Fondation Rothschild. En 1998, il devient chef du service de cette discipline à l'hôpital de Bicêtre. Il avait dans le même temps noué de nombreuses collaborations régulières dans des établissements hospitaliers à Londres, Berlin, New York et Toronto. Il était aussi fréquemment appelé pour des interventions délicates concernant des malformations rares, comme celle pratiquée en 2003 sur des soeurs siamoises au Raffles Hospital de Singapour, pour laquelle il avait notamment mis au point les modèles en trois dimensions reconstituant les systèmes de circulation du sang à l'intérieur de la double boîte crânienne. La neuroradiologie interventionnelle est une discipline qui est apparue pour l'essentiel en France à la fin des années 1980 sous l'effet des progrès de l'imagerie cérébrale. Contrairement à la neurochirurgie, elle se propose de réaliser des interventions en faisant l'économie de l'ouverture de la boîte crânienne, celles-ci étant réalisées via le système vasculaire sous contrôle neuroradiologique. Pierre Lasjaunias a largement contribué à élargir le champ d'action de cette technique à différentes malformations vasculaires, comme les anévrismes et les malformations artérioveineuses de nourrissons. Outre ses activités de soins et de recherche, il restait passionné par son activité de professeur d'anatomie auprès des jeunes étudiants en médecine de l'université Paris-XI, démontrant de la sorte qu'il est encore possible aujourd'hui de remplir la triple mission assignée aux responsables hospitalo-universitaires. Son activité ne s'arrêtait toutefois pas là. Depuis le milieu des années 1990, il déployait une intense activité pour assurer le développement de la pratique et de l'enseignement de sa discipline à l'échelon international. Il cherchait ces derniers temps à obtenir sur ce thème une harmonisation au sein des pays de l'Union européenne.
En septembre 2007, il avait, à Pékin, été élu pour deux ans président de la Fédération mondiale de neuroradiologie interventionnelle, société savante de cette spécialité. A cette occasion, il avait déclaré son intention de "se consacrer aux problèmes d'éthique et de conflits d'intérêt en regard avec l'innovation technologique et la formation". Ce médecin nourrissait en effet, au-delà de sa seule discipline, un très vif intérêt pour les conséquences éthiques du considérable développement des techniques d'imagerie du corps humain. Ce technicien hors pair ne cachait pas non plus ses angoisses devant l'envahissement de la technique et la déshumanisation de la pratique de la médecine.
"Aujourd'hui, on peut dire que l'imagerie explore l'inconnu et transforme la personne en un espace de recherche et d'exploration au prétexte que les outils sont non invasifs, écrivait-il dans un récent ouvrage collectif (Le Corps relégué, "Cahiers du Centre Georges-Canguilhem", PUF). La technologie radiologique précède la question clinique et finit par la susciter. Elle asservit un peu plus le médecin à l'outil et l'éloigne de l'humain en se soustrayant au lien perçu comme pollueur de la fiabilité scientifique. On transfère un pan du champ social dans le champ de la science." Il observait alors qu'entre autres bouleversements l'imagerie allait bien au-delà de ce que la simple clinique permettait, le radiologue devenant le premier informé du diagnostic de la maladie dont le patient est porteur, et pouvant parfois rester le seul informé. "Cette situation privilégiée dans la chaîne de soins lui impose des devoirs, ajoutait-il. Elle requiert de sa part des qualités humaines et sans doute des compétences particulières, pour restituer au patient la matière et le sens de ce qu'il a objectivisé." Tous ceux qui ont eu la chance de le connaître savent que le docteur Pierre Lasjaunias possédait à la fois ces compétences et ces qualités. Jean-Yves Nau
Pierre Lasjaunias, était aussi membre de divers Conseils Scientifiques d'associations de malades, comme l'association Tanguy MOYA-MOYA, membre de Solhand Annie |
|  | | Nani Cyclone


   Age : 53 Inscrit le : 18 Jan 2008 Messages : 608 Localisation : Saint Michel sur Orge (Essonne)
| Sujet: Re: Ils nous ont quitté ! Dim 17 Aoû 2008 - 12:44 | |
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REMY SALVAT
AFP - Jeudi 14 août, 18h56 VALMONDOIS (AFP) - Près de 200 personnes ont assisté jeudi après-midi à une cérémonie religieuse en l'église de Valmondois (Val-d'Oise) à la mémoire de Rémy Salvat, 23 ans, lourdement handicapé, qui s'est suicidé dimanche et dont le corps fait l'objet d'une autopsie. Rémy Salvat s'est suicidé dimanche à Valmondois après avoir reçu une réponse perçue comme négative de Nicolas Sarkozy à un courrier où il demandait qu'on lui "permette de mourir". Des membres de la famille, des amis et des habitants de ce village de 1.200 habitants où réside la famille Salvat, ont assisté, vêtus de blanc et tenant chacun une rose blanche, à la messe d'obsèques. "Pour symboliser le corps de Rémy, en cours d'autopsie, j'ai choisi un cierge car la flamme est ce qu'il y a de plus spirituel", a explique à l'AFP le père André Brinon, qui a célébré la messe. Le père Brinon portait une étole verte "en signe d'espérance" et non pas la traditionnelle étole de deuil violette. Il a prononcé un prêche qu'il a voulu "discret étant donné que l'évènement est devenu médiatique": il ne voulait pas que "l'église serve de lieu pour un propagande". La presse, présente en nombre, n'a pas assisté à la messe. Au premier rang de la petite église, plusieurs handicapés ont assisté à la cérémonie. A la sortie, alors que les cloches sonnaient longuement, les habitants de Valmondois, toutes générations confondues, très émus, avaient visiblement du mal à quitter les lieux. Les amis, voisins et familles ayant assisté à la cérémonie ont présenté leurs condoléances à la mère de Rémy, vêtue elle aussi de blanc, et à son père qui portait une écharpe ivoire sur son costume gris. Sa soeur, en larmes, était également présente. Beaucoup évoquaient des moments de vie passés avec Rémy expliquant aux journalistes que c'était un "garçon plein de vie". Le père Brinon a déclaré à l'AFP que Rémy avait émis le souhait d'effectuer un "pèlerinage à Lourdes prochainement". Certains ont évoqué le sujet du suicide assisté. "C'est une vraie question de société, il faut absolument créer des espaces de débats", expliquait Sylvie, une voisine. "Au nom de l'église, on n'a pas le droit de toucher à sa vie mais il faut se mettre dans la peau des personnes, elles ont des droits", a déclaré à l'AFP le père Brinon, visiblement touché par l'évènement. Parmi les personnes présentes, Luc Montenot, le frère de Lydie Debaine acquittée le 9 avril 2008 par la cour d'assises du Val-d'Oise après avoir tué sa fille handicapée en 2005, un jugement dont le parquet a fait appel: il était venu soutenir Mme Salvat, qu'il connaît personnellement. "Il faut ouvrir le débat médicalement, socialement et juridiquement", a-t-il estimé, ajoutant qu'il craignait des suites judiciaires pour Mme Salvat. Mercredi, le parquet de Pontoise a ordonné une autopsie "pour recherche des causes de la mort" du corps de Rémy Salvat, qui devait être effectuée dans la journée de jeudi. Le jeune homme était atteint d'une maladie mitochondriale (pathologie dégénérative rare) depuis l'âge de 6 ans et s'est donné la mort avec des médicaments. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a estimé jeudi sur RMC, au lendemain de l'annonce du suicide du jeune homme, qu'il ne fallait pas "légiférer sous le coup de l'émotion", estimant que l'actuelle loi sur la fin de vie n'était "pas suffisamment connue".
Euthanasie : les parents de Rémy Salvat entendus comme témoins Créé le 13/08/08 - Dernière mise à jour le 15/08/08 à 19h37
Les parents de Rémy Salvat, le jeune handicapé qui s'est suicidé dimanche dernier, ont été entendus toute la journée de vendredi par les gendarmes en tant que témoins. Une enquête a été ouverte par le parquet pour connaître les causes de la mort du jeune homme de 23 ans, lourdement handicapé, qui avait envoyé un courrier à Nicolas Sarkozy avant de recevoir une réponse perçue comme négative. Un drame qui a relancé le débat sur l’euthanasie.
C’est en tant que témoins que les parents de Rémy Salvat, un jeune handicapé qui s'est suicidé dimanche dernier, ont été entendus vendredi toute la journée par les gendarmes en charge de l’enquête ouverte par le parquet sur la mort de leur fils. Le corps de Rémy, qui a fait l'objet d'une autopsie jeudi, devrait leur être restitué samedi. Ils devraient prochainement faire procéder à son incinération, conformément aux dernières volontés de leur fils. Selon ses parents, Rémy Salvat s'est donné la mort dimanche à Valmondois, dans le Val-d'Oise en absorbant une forte dose de médicaments. Il avait reçu peu avant une réponse, perçue comme négative, de Nicolas Sarkozy à un courrier où il demandait qu'on lui "permette de mourir". En 1999, sa lère, Régine Salvat, avait tenté de "mettre fin aux souffrances de Rémy". Elle avait échoué et été mise en examen pour tentative de meurtre. Un non-lieu avait été prononcé. Jeudi après-midi, des membres de la famille, des amis et des habitants ont assisté, vêtus de blanc et tenant chacun une rose blanche, à une messe d’obsèques. "Pour symboliser le corps de Rémy, en cours d'autopsie, j'ai choisi un cierge car la flamme est ce qu'il y a de plus spirituel", avait alors expliqué le père André Brinon, qui a célébré la messe. Le père Brinon portait une étole verte "en signe d'espérance" et non pas la traditionnelle étole de deuil violette. Il a prononcé un prêche qu'il a voulu "discret étant donné que l'évènement est devenu médiatique" : il ne voulait pas que "l'église serve de lieu pour une propagande". La presse n'a d'ailleurs pas assisté à la messe. Au premier rang de la petite église, plusieurs handicapés ont assisté à la cérémonie. Beaucoup évoquaient des moments de vie passés avec Rémy expliquant que c'était un "garçon plein de vie". Certains ont évoqué le sujet du suicide assisté. "C'est une vraie question de société, il faut absolument créer des espaces de débats", a expliqué Sylvie, une voisine. Parmi les personnes présentes, Luc Montenot, le frère de Lydie Debaine acquittée le 9 avril 2008 par la cour d'assises du Val-d'Oise après avoir tué sa fille handicapée en 2005, un jugement dont le parquet a fait appel. "Il faut ouvrir le débat médicalement, socialement et juridiquement", a-t-il estimé, ajoutant qu'il craignait des suites judiciaires pour Mme Salvat. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a estimé jeudi qu'il ne fallait pas "légiférer sous le coup de l'émotion", affirmant que l'actuelle loi sur la fin de vie n'était "pas suffisamment connue".
INFO - FRANCE
14/08/2008 | 15:04 34 commentaires Suicide de Rémy Salvat: autopsie demandée
© AFP Le parquet de Pontoise (Val d'Oise) a demandé jeudi une autopsie du corps de Rémy Salvat Le jeune homme de 23 ans, lourdement handicapé, s'est suicidé dimanche avec des médicaments après avoir reçu une réponse négative de Nicolas Sarkozy à un courrier où il demandait qu'on lui "permette de mourir".
Rémy Salvat était atteint d'une maladie mitochondriale (pathologie dégénérative rare) depuis l'âge de six ans.
"Les gendarmes sont venus hier (mercredi) pour nous annoncer que le procureur demandait une autopsie", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Salvat le père de Rémy, confirmant une information de RTL."La cérémonie religieuse est maintenue", a-t-il ajouté, indiquant que les gendarmes étaient partis avec le corps de son fils.
"Une autopsie a été demandée pour recherche des causes de la mort", a confirmé le parquet de Pontoise. "Il y a un manque de précisions et des incertitudes qu'il faut éclaircir".
Une lettre au président de la République Rémy Salvat avait écrit au président de la République en mai. "Ces derniers mois, il ne pouvait plus marcher, son bras lui faisait aussi de plus en plus mal", a expliqué à l'AFP sa mère, Régine Salvat. Interrogé, l'Elysée s'est refusé à tout commentaire.
"Comme Vincent Humbert (tétraplégique de 22 ans que sa mère a aidé à mourir en 2003), je demande à ce moment qu'on me permette de mourir pour me libérer de mes souffrances", avait écrit Rémy Salvat dans sa lettre dont l'AFP a obtenu une copie. "Je sais qu'en France, il n'y a pas de loi qui permette aux équipes médicales de pratiquer l'euthanasie. Ca m'empêche de vivre en paix (...) Il faut que la loi change!", avait-il ajouté.
"Le problème est que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy, vous ne voulez pas en entendre parler. Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d'arrêter d'être sourd. Vous le pouvez si vous êtes le Président de tous les Français", concluait-il.
Réponse négative du chef de l'Etat Le 6 août, le jeune homme a reçu une réponse. "Pour des raisons philosophiques personnelles, je crois qu'il ne nous appartient pas, que nous n'avons pas le droit, d'interrompre volontairement la vie", a expliqué le président, ajoutant: "Mais je ne veux pas fuir mes responsabilités (...) Je voudrais que soit privilégié le dialogue au chevet du malade, entre lui-même, le médecin et la famille, en toute humanité afin que soit trouvée la solution la plus adaptée à chaque situation".
"Rémy attendait la réponse à sa lettre", a raconté à l'AFP sa mère. "Il suivait les affaires de droit au suicide assisté comme l'affaire Chantal Sébire", cette femme atteinte d'une tumeur incurable au visage qui a été retrouvée morte chez elle en mars. "Il voulait que les lois changent, il voulait avoir le droit de partir", a-t-elle ajouté.
En 1999, Régine Salvat avait tenté de "mettre fin aux souffrances de Rémy". Elle avait échoué et été mise en examen pour tentative de meurtre. Un non-lieu avait été prononcé. Rémy Salvat avait participé en octobre au tournage d'un documentaire pour France 2 qui n'a pas encore été diffusé. Selon sa mère, il lui demandait, le moment venu, de l'aider à mourir. "Il savait", explique-t-elle, "que pour une maman c'est quelque chose de très dur, qu'une maman est là pour donner la vie, pas pour la retirer".
Dans la nuit de samedi à dimanche, le jeune homme a avalé des médicaments. Ses parents l'ont retrouvé dans sa chambre en tenue d'Aïkido. "Il aimait ce sport, c'était une philosophie de vie", se souvient sa mère. "Dans l'enregistrement sonore de quelques minutes qu'il a laissé, il nous demande de poursuivre son action pour qu'il y a un vrai débat public sur le droit à l'euthanasie et au suicide assisté, pour que d'autres ne vivent pas cela", a expliqué Mme Salvat à l'AFP. Il y déclare à l'adresse de Nicolas Sarkozy: "vous ne m'avez pas laissé le choix". "Il est encore trop tôt pour savoir comment nous allons poursuivre son action", a-t-elle ajouté.
Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a salué la mémoire de Rémy Salvat et affirmé que "si nous avions une loi comme celles en vigueur en Hollande ou en Belgique, nous aurions 10.000 demandes d'aide par an". "Nous avons absolument besoin d'une loi de liberté qui respecte les droits de chacun", a t-il dit.
Lien de l'émission originale :
http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Societe/Debat-sur-l-euthanasie-entre-Bernard-Debre-et-Marie-Humbert
Interview de Régine Salvat France 2
http://www.lepost.fr/article/2008/08/14/1244098_suicide-de-remy-pourquoi-le-parquet-n-a-pas-fait-une-autopsie-tout-de-suite.html _________________ Nani Présidente de SolHand
Toi qui as une anomalie..... C'est ensemble, que nous allons avancer, c'est l'amour et le partage qui font pousser les choses. |
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 Inscrit le : 18 Jan 2008 Messages : 607 Localisation : Essonne
| Sujet: Re: Ils nous ont quitté ! Lun 18 Aoû 2008 - 12:17 | |
| La lettre d'information du réseau Handicap
La grande hypocrisie ! (17/08/2008) C'est formidable comme la détresse humaine peut occuper les médias et la classe politique du moment qu'elle fait vendre du papier ou parler beaucoup pour ne rien dire ; du moins pour éluder le véritable débat.
Le suicide de Rémy Salvat a ému tout le monde. Plus qu'un « fait divers », ce geste a eu le mérite de relancer les discussions sur « l'euthanasie », ou « le suicide accompagné », ou.....On ne sait plus trop comment appeler ce dont il est question...
.....Tout cela parce qu'en France on n'a pas encore engagé de réel débat sur ce sujet. Il y a bien été amorcé autour de la loi Léonetti, du 22 avril 2005. Force est de constater que rien n'est résolu. Sur ce thème « La loi Leonetti. Regards du philosophe », de Jacques Ricot est passionnant à lire. Lire le texte
J. Ricot y écrit, parlant de l'expérience hollandaise :
« ..Ils se sont interrogés sur la signification sociale d'une loi qui aurait mélangé des pratiques médicales raisonnées et la dépénalisation de l'euthanasie. L'euthanasie ne complète pas l'accompagnement, elle le supprime. Elle ne succède pas aux soins palliatifs, elle les interrompt. Elle ne soulage pas le patient, elle l'élimine. »
La dernière phrase précise bien les conséquences de certains choix.
Les lois ne résolvent pas toujours tout. Le Pays-Bas a, certes, légalisé « l'euthanasie », mais cela n'a pas empêché que se poursuivent les euthanasies clandestines : une sur deux l'est.
La loi ne doit pas servir à déresponsabiliser le corps médical et rendre plus confortable des décisions irréversibles.
Nous pouvons nous interroger sur les motivations de ceux qui encouragent à ce qu'ait lieu un débat public, alors que ne s'expriment que passions et émotions. Si celles-ci sont légitimes, ne nuisent-elles pas à un débat posé, dépassionné et respectueux des souffrances comme des convictions, de l'intérêt général comme de celui de chacun de disposer de sa vie ?
S'il est indispensable de légiférer sur ce qui doit être un accompagnement de fin de vie, dont celle-ci a été décidée par la personne malade, il n'en reste pas moins capital que le libre arbitre de chacun soit respecté.
Se présente la situation des personnes qui « ne peuvent choisir » elle-même. Les limites posées par la loi sont-elles suffisantes ? Et surtout, les conditions sont-elles réunies pour respecter chacun, y compris (et surtout) ceux qui n'ont pas envie d'être envoyé « ad patres. » ?
Il est important de respecter le choix de celui qui préfère quitter ce monde, plutôt que de subir la vie, qui, pour lui, est insupportable. Il n'est pas humain d'imposer à quelqu'un de se regarder décliner dans la souffrance la plus totale, sans qu'il n'ait d'espoir de guérison.
Mais il est important aussi, de respecter celui qui veut continuer de lutter. Les personnes très lourdement handicapées qui ont décidé de ne pas capituler et de Vivre n'ont aucune envie d'être « euthanasiées ».
Un débat engagé dans un climat passionnel et émotionnel incontrolable, ne risque-t-il pas de condamner ces derniers à subir « la loi du plus fort » ?
Se documenter : http://www.chu-rouen.fr/ssf/ther/euthanasieactive.html
Voir aussi : - Légiférer en matière d'euthanasie active directe ? Délicate pesée d'éléments de principe et pratiques (sur http://www.medhyg.ch/ lire l'article
- Rémy Salvat : combien de morts avant une véritable réforme de l'euthanasie ? (sur www.agoravox.fr ) _________________ L'Administrateur à votre écoute..... |
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| Sujet: Re: Ils nous ont quitté ! Mar 19 Aoû 2008 - 9:03 | |
| Suicide/Handicapé: résultats de l'autopsie
Source : AFP 18/08/2008 | Mise à jour : 18:13 |
L'autopsie de Rémy Salvat, qui s'est suicidé après une réponse perçue comme négative de Nicolas Sarkozy à un courrier dans lequel il demandait qu'on lui "permette de mourir", a conclu que sa mort résultait d'une surdose médicamenteuse, a-t-on appris aujourd'hui de source judiciaire.
"L'autopsie pratiquée jeudi sur le corps de Rémy Salvat conclut à une asphyxie suite à une inhalation de vomissements liés à une surdose médicamenteuse", a déclaré à l'AFP le procureur adjoint de Pontoise, Bernard Farret. "L'autopsie confirme les constatations faites par le médecin le jour de la mort de Rémy Salvat et les dires de la famille", a ajouté Bernard Farret.
Selon ses parents, entendus vendredi en tant que témoins par les enquêteurs de la brigade de recherche de Cergy (Val-d'Oise), Rémy Salvat, 23 ans, s'est suicidé, le 10 août à Valmondois (Val-d'Oise), en absorbant une forte dose de médicaments. Le parquet a prononcé une interdiction provisoire d'incinération du corps de Rémy, qui souhaitait que ses cendres soient dispersées au Japon, en attendant le résultat d'une série d'examens toxicologiques toujours en cours, a précisé M. Farret.
"On interdit à la famille d'incinérer le corps de Rémy ce qui était pourtant sa dernière volonté. C'est horrible, ses parents sont désemparés. Je suis en train de me battre pour faire respecter l'ultime volonté de ce gamin", a réagi Me Caty Richard, avocate des parents.
Le parquet de Pontoise a indiqué que l'interdiction pourrait être levée "d'ici quelques semaines" une fois connus les résultats des examens toxicologiques. "En attendant ces résultats on se réserve la possibilité de prélever de nouveaux matériaux sur le corps", a précisé M. Farret pour justifier l'interdiction prononcée. Le corps sera restitué à la famille mardi, a-t-on appris auprès de l'avocate de la famille.
Près de 200 personnes avaient assisté jeudi à une cérémonie religieuse en l'église de Valmondois où le corps de Rémy était symbolisé par un cierge. Rémy était atteint d'une maladie mitochondriale (pathologie dégénérative rare) lourdement handicapante, depuis l'âge de six ans. _________________ L'Administrateur à votre écoute..... |
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 Inscrit le : 18 Jan 2008 Messages : 607 Localisation : Essonne
| Sujet: Re: Ils nous ont quitté ! Jeu 21 Aoû 2008 - 20:51 | |
| FRANCE INFO jeudi 21 août 2008
Suicide d’un handicapé : Le parquet demande une autopsie France Info - 14 août 2008 Le parquet de Pontoise (Val d’Oise) a demandé une autopsie du corps de Rémy Salvat, le jeune homme de 23 ans, lourdement handicapé, qui s’est suicidé dimanche après avoir demandé par courrier à Nicolas Sarkozy la permission de mourir.
"Les gendarmes sont venus hier pour nous annoncer que le procureur demandait une autopsie", a indiqué Jean-Pierre Salvat le père de Rémy. Ils ont emporté le corps alors que les obsèques du jeune homme étaient prévues aujourd’hui. "La cérémonie religieuse est maintenue", a précisé la famille.
Le reportage d’Hélène Roussel, à Valmondois (0'49") http://www.france-info.com/spip.php?article172974&theme=11&sous_theme=9 --------------------------------------------------------------------------------
Le parquet de Pontoise a demandé l’autopsie pour "recherche des causes de la mort", car il existe "un manque de précisions et des incertitudes qu’il faut éclaircir".
Rémy Salvat, lourdement handicapé, a été retrouvé mort par ses parents dimanche matin. Il avait avalé une forte dose de médicaments. Quatre jours plus tôt, il avait reçu une réponse perçue comme négative de Nicolas Sarkozy à un courrier où il demandait un droit au suicide assisté. Dans un enregistrement audio qu’il a laissé à sa famille, Rémy déclarait à l’adresse du président de la République : "Vous ne m’avez pas laissé le choix."
La loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, dite Loi Leonetti, a instauré un droit au "laisser mourir" mais pas à l’euthanasie active. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a déclaré ce matin qu’il ne fallait pas "légiférer sous le coup de l’émotion", estimant que l’actuelle loi sur la fin de vie n’était "pas suffisamment connue". _________________ L'Administrateur à votre écoute..... |
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